HISTORIQUE DE LA TUILERIE : 
 Le nom de Valabre pourrait provenir du latin volutabrum, avec le sens de bourbier, bauge, que l'on retrouve dans le toponyme Valabre, aussi rencontré dans les Alpes-Maritimes. Une autre étymologie peut aussi être retenue. En effet, le nom de Valabre n'est cité qu'à partir du 16° siècle, mais dans un acte de 1299, le lieu est nommé "Lavabre". En Occitan, Vabre désigne un ravin, un torrent encaissé, ce qui correspond bien à l'endroit. De fait, Valabre est une terre argileuse, humide, boisée, propice au développement de la céramique, qui nécessite la matière première, l'eau, et le feu. 
 
Une première Tuilerie est citée dans un acte du 12 août 1445, comme étant à l'est du château près du chemin de Gardanne. L'emplacement de la Tuilerie actuelle correspond aussi à cette description, mais rien ne permet d'affirmer qu'elle se trouve sur le même emplacement. Tout au plus peut-on observer dans un état des lieux de 1840 de la Tuilerie que celle-ci est constituée de bâtiments en mauvais état, sans indication de leur date de construction. Une faïencerie a été construite en 1723 par P. De Gueydan au petit Valabre, et donnée à bail à Louis Carbonnel, de Marseille, puis à Jean-François Ollivier, , peintre en faïence à Puymoisson. Son activité devait être très réduite, et elle n'est plus citée dans les inventaires de la succession de P. Gueydan en 1734. Enfin, une briqueterie industrielle a fonctionné dans les années 1950 au hameau de Valabre. Elle a cessé depuis son activité.  
 
Origine de la famille Bossy à Valabre, et développement de l'actuelle Tuilerie :  
 
Juste avant l'an 1800 naît, à Aix en Provence, Henriette Maselaux, déclarée fille naturelle. Elle est confiée aux Vidal, à Valabre, qui n'avaient aucun enfant. Ils habitaient sur le chemin grimpant à Chanteperdrix, au dessus du hameau des Astiers, appelé aujourd'hui hameau de Valabre. En 1820, un jeune homme né à Aix en Provence près de Puyricard, Pirame Bossy, épouse Henriette. Il est depuis son jeune âge orphelin de père, et s'engage par son mariage à vivre sa vie durant avec son épouse chez ses beaux-parents, qui leur donnent en guise de cadeau de mariage un terrain situé aux Moulières, à Valabre.

La légende familiale raconte que vers 1830, un compagnon potier du tour de France est hébergé par Pirame. Participant aux travaux de la terre, il remarque la grande qualité de l'argile, et conseille à Pirame de l'exploiter. La date de fondation retenue par la Famille est 1837. Le premier document faisant état de la Tuilerie est un bail établi en 1840, donnant la Tuilerie en location avec son matériel à des artisans potiers (Louis Troin et Marius Fellen). Les bâtiments de la tuilerie mélangent alors habitations et ateliers. Le matériel est sommaire, et comprend un four existant encore de nos jours. Ils produisent essentiellement des poteries tournées et des tuiles, ainsi que des moellons.  
 
En 1850, Pirame donne la fabrique à son fils Louis, qui l'exploite lui-même. Sous sa forte impulsion, il développe la production de tuiles, moellons, et surtout de pièces tournées (tuyaux et vases). Les conditions d'exploitation s'améliorent avec les progrès techniques : Eolienne pour puiser l'eau, meule pour broyer l'argile, arrivée du charbon de Trets par la nouvelle ligne de chemin de fer (1877), achat de wagonnets Decauville, de machines à malaxer et de filière, construction d'un bâtiment et de fours. Il entretient des relations avec tous ses collègues de la région, si bien que son fils Léopold épousera la fille de M. Audric, exploitant d'une tuilerie à Trets.  
 
Léopold lui succède à sa mort, en 1898. Il maintient l'activité, dans le respect de la tradition paternelle. Son épouse, Marie Audric, décède en 1897, à l'age de 41 ans, lui laissant deux fils, Gaston et Joseph, âgés de 14 et 13 ans, et élevés à partir de ce moment à Trets, par leurs tantes. Dès l'âge de 16 ans, Joseph rejoint son père à Valabre, pour le seconder. Il lui succède à sa mort, en 1929 



  
 
 

Pyrame                        Louis                           Leopold                      Joseph                            Georgese
La Tuilerie vers 1920 : 
 Joseph est aussi entreprenant que son grand père Louis. Il étend les bâtiments, introduit des nouvelles machines (à vase, des filières verticales, etc ). C'est un homme entièrement tourné vers son travail et sa famille. La qualité de sa production et sa compétence amène vers la Tuilerie tout un monde d'artistes en Céramique dans l'immédiat après-guerre, pour se fournir en matière première, ainsi elle fournit à Matisse des carreaux à émailler pour la chapelle de Vence, ou réaliser des pièces prototypes (les premiers Claustra pour M. Pouillon et Sourdive). 


  
 
 

Joseph a un fils, Georges, né en 1923, qui lui succède en 1952. Mais c'est davantage l'épouse de Georges, Colette, qui prend en charge l'exploitation. Elle développe considérablement l'activité d'émaillage, rachetant pour cela la société Céramidi à Marseille, et construisant un bâtiment pour l'abriter. Au début des années 1970, suite à de graves problèmes de santé, Georges ne peut plus continuer l'exploitation, qui s'arrêtera progressivement. Quelques artisans s'installent dans les locaux encore utilisables, mais faute d'entretien, les bâtiments se détériorent, et la Tuilerie semble rejoindre la longue liste des lieux oubliés. 
 
En 2003, Daniel succède à son père, et entame aussitôt une longue période de réhabilitation de la Tuilerie, afin de développer un centre d'Artisanat d'Art, dans la poursuite de la tradition familiale. Rapidement, des Artistes et Artisans adhèrent à ce projet, en particulier Myriam Rétif, avec qui il crée en 2006 l'association "les Ateliers d'Art de Valabre". Cette association, présidée par Mme Rétif, a pour but de promouvoir l'activité des artistes et artisans d'Art de la Tuilerie, et plus largement réunir tous ceux qui partagent la même passion.   
 
Sources :  
 Valabre et les Gueidan - Office du Tourisme Gardanne  
 Archives familiales